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Les chrétiens ont un rôle à jouer au Proche-Orient

18/06/2012

Mgr Pascal Gollnisch revient dans ce billet sur l'espérance générée par les révolutions arabes, mais aussi l'inquiétude vécue par les minorités religieuses, et notamment les chrétiens.

Une immense espérance, une immense inquiétude.

Tel est l’état d’esprit contradictoire ressenti par tout observateur attentif à la situation au Proche-Orient. Les causes des mouvements révolutionnaires commencent à être connues :

  • des difficultés économiques qui détachent la classe moyenne des milieux dirigeants et la renvoie vers les milieux plus pauvres;
  • une jeunesse mieux formée que ses parents, capable d’utiliser internet, mais qui ne trouve pas de travail,
  • des courants islamistes minoritaires mais radicaux.

Ces mouvements s’inscrivent dans une histoire :

il y a un siècle, contre la France et la Grande Bretagne mandataires il y a cinquante ans, contre des dictatures militaires, policières et corrompues aujourd’hui ! Et chaque fois le sentiment frustrant que l’on vole au peuple sa révolution.

Dans ce contexte, les chrétiens sont en situation difficile.

La disparition d’un pouvoir central, même dictatorial les fragilise selon trois registres qu’il convient de distinguer soigneusement :

  • un courant très minoritaire qui veut la disparition des communautés chrétiennes ;
  • une délinquance qui se déploie en profitant de l’effondrement des structures sécuritaires ;
  • une société musulmane qui peine encore dans certains pays à reconnaître les chrétiens, et les autres minorités, comme des citoyens à part entière.

Pourtant les chrétiens ont un rôle à jouer.

Ils représentent une minorité ouverte, bien formée, dynamique ; une minorité pacifique qui s’est refusée à utiliser la violence ; une minorité qui a su se faire respecter dans son service de l’ensemble de la population, à travers des écoles et des hôpitaux. Une minorité dont on sait aussi qu’elle n’ambitionne pas de prendre le pouvoir. Les chrétiens sont victimes ici ou là d’actes de violence. Ils ne sont pas la cible de persécutions systématiques et organisées.

En Syrie, on le sait, le conflit est d’abord entre alaouites et sunnites.

En Irak, entre chiites, arabes sunnites, et kurdes sunnites.

En Égypte, entre islamistes et militaires.

L’avenir pour les chrétiens est inquiétant, il n’est pas perdu, loin de là. Des pistes d’espérance s’ouvrent. De nombreux lieux permettent un vrai dialogue entre chrétiens et musulmans de bonne volonté en particulier dans le monde universitaire. Les jeunes chrétiens commencent à se former à la politique « intelligente », au service du bien commun.

Enfin, et surtout, il n’est pas prouvé que les populations musulmanes souhaitent vraiment la mise en place de dictatures religieuses.

Certains ont cru devoir dire que le printemps arabe était un hiver pour les chrétiens.

Les esprits les plus éclairés savent que ce printemps sera pour tous, ou un hiver pour tous.


Billet publié sur lavie.fr

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