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Accord Union Européenne – Turquie : l’inquiétude de l’Œuvre d’Orient

21/03/2016

Entrée de la Turquie dans l’Europe, dispense de visa, 6 milliards d'euros, ... dans une interview à Radio Vatican, Mgr Gollnisch fait part de son scepticisme suite aux contreparties de l'accord.

Mgr Gollnisch

Mgr Gollnisch

En contrepartie d’une solution supposée de ces réfugiés, il a été envisagé :

  • de relancer les pour parlers pour l’entrée de la Turquie en Europe,
  • de dispenser les ressortissants de la Turquie de l’obtention d’un visa,
  • de donner 6 milliards d’euros à la Turquie,
  • et d’inscrire la Turquie sur la liste des pays sûrs : l’asile politique ne sera plus donné à des ressortissants de la Turquie; ce qui est assez problématique notamment par rapport à la situation de l’importante communauté kurde, …

« La question des réfugiés doit être traitée pour elle-même et ne pas être mise sur une sorte de traité quasiment commercial ».

Or cet accord ne va pas être très efficace car les réfugiés ont montré leur détermination à venir vers l’Europe et vont trouver d’autres chemins. Le nombre de réfugiés qui se lanceront dans la folle aventure de la traversée de la Méditerranée va s’accentuer.

Jusqu’à présent l’Europe avait des traditions d’asile politique.

Il faut faire un discernement : il y a parmi ces réfugiés des gens qui ont vraiment besoin d’un asile politique et nous craignons qu’ils soient considérés comme des réfugiés sans titre et soient, purement et simplement, renvoyés en Turquie. Et dans quelles conditions de camps, dans quelle situation juridique, chrétiens et yézidis, vont-ils être renvoyés en Turquie?

La culpabilité de l’Europe, une approche restrictive

Il eût fallu traiter cela davantage au niveau des Nations Unies, du Conseil de Sécurité et au niveau du Haut-Commissariat aux Réfugiés.

Le fait que l’Europe se sente seule responsable, déjà coupable, et doive supplier la Turquie de bloquer les réfugiés, est une approche extrêmement restrictive du problème.

La nécessité d’un plan de secours pour l’Irak et la Syrie

Nous demandons qu’il y ait un vrai plan de secours plus intense à l’Irak et à la Syrie pour que les gens n’aient pas à partir.

La vraie question : que faisons-nous pour que ces gens aient d’autres ressources que de quitter leur pays. Cela suppose la Paix en Syrie, la neutralisation du DAECH et d’Al Qaeda. Si nous mettions les moyens voulus cela serait déjà fait depuis longtemps.

Tous ces réfugiés veulent rentrer en Europe. Avant d’être une marque de faiblesse, cela veut dire que l’Europe attire, qu nous avons un modèle social que les gens souhaitent rejoindre. Ils ne cherchent pas aller en Russie, ils ne cherchent pas à aller chez M. Poutine.

Même si sur la situation des migrants, l’Europe a sans doute manqué de cohérence et manqué de clarté.

Il y aura sans doute une mise en cause de la légalité de cet accord et sur le plan politique et diplomatique, il faut se poser un certain nombre de question sur l’évolution de la Turquie. Et tout le monde sait que les rebelles au départ ont été soutenus par la Turquie. Donc la Turquie a bien une responsabilité importante dans l’évolution du conflit syrien

 

 

 

 

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