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« Passer le désert sur les traces de Charles de Foucauld » de Sébastien de Courtois, la recension du père Sabater

10/08/2017

Recension du livre de Sébastien de Courtois" « Passer le désert sur les traces de Charles de Foucauld » par le père Patrice Sabater

On a presque autant écrit sur le désert que sur le Frère Charles de Foucauld !

Le livre de Sébastien de Courtois est un chemin, une rencontre…

Ce livre n’est pas une étude ni du reste une bibliographie ni même une présentation spirituelle d’un héros des Temps modernes. Le livre de Sébastien de Courtois est un chemin, une rencontre…, et peut-être même quelque chose qui vient éclore au creux des mains de ce journaliste et écrivain résidant depuis plusieurs années à Istanbul. Nous connaissons bien sa plume qui sollicite le lecteur par le cœur, et qui donne envie de tourner aussi rapidement que délicatement la page suivante.

D’un premier chef, nous n’aurions peut-être pas pensé qu’il nous livre ce récit tant son activité et son cœur sont davantage tournés vers le Proche et Moyen-Orient… Néanmoins, il jette ici un pont universel et nécessaire entre le Maghreb et le Machrek. Sans doute est-ce davantage un lieu de passage plutôt qu’un pont, comme le fut la vie donnée et abandonnée du Frère Charles. Dans les premières pages du livre, il affirme avec raison que « le défi d’écrire sur un tel homme n’est pas évident tant la tentation est grande de s’approprier une part du « monument » Charles de Foucauld, une tentation d’exclusivité ou d’interprétation d’une œuvre aussi dense (qui) côtoie un désir de clarté, de justice, entre hagiographie, récits désincarnés et manipulations » (p 20).

Sébastien de Courtois n’hésite pas à solliciter les avis autorisés des personnes qui connaissent bien la personne autant que l’œuvre du bouillonnant et sémillant Bienheureux de Foucauld. Un homme pas toujours « négociable », que l’on pourra dire parfois instable ou ingérable, critiquant ses contemporains (colons ou militaires), s’affrontant à son Père Spirituel l’Abbé Huvelin pour qui il a un respect profond. Il y a de la rugosité chez ce saint personnage, de l’ardeur, de l’intransigeance, et beaucoup d’amour et d’abandon. L’auteur se risque à souligner ce caractère affirmé. Les prophètes ne sont-ils pas de cette trempe ? Et justement, notre siècle n’aurait-il pas besoin d’autres Frères Charles pour ressaisir au fond de nous, et au cœur de notre vie, cet essentiel qui nous fait tant défaut ?

 

            La figure de Charles de Foucauld telle que nous l’a décrite Sébastien de Courtois me rappelle la figure extraordinaire

Sebastien de Courtoisque fut, au monastère des Clarisses de Nazareth, Sœur Joséphine ; religieuse libanaise qui a touché tant de cœurs en évoquant cet « Ami sûr » qui vécut dans ce lieu, caché, portant dans son cœur ce qu’il allait vivre en Algérie. Cet Ami qui passe son bras derrière la tête, et qui le pose délicatement sur les épaules de son frère. Oui, comment ne pas penser à Massignon, à Ramon Llull le Catalan, et à tous ces amis qui ont cherché ce lien d’amitié le plus sûr pour convoquer les cœurs à se tourner vers l’Unique ! L’auteur évoque des noms, des rencontres, des points de vue, des vies, et d’autres lieux de passages. C’est ainsi que le livre se termine sur la figure d’un jésuite italien, fondateur de la Communauté monastique de Mar Moussa al Habashi (saint Moïse l’Abyssin), dans le désert de Syrie ; dont nous n’avons plus de nouvelles depuis son enlèvement en 2013…, ni du reste des deux évêques et d’autres prêtres ayant subi le même sort. L’actualité est là. Elle rend la présence de Charles de Foucauld plus que nécessaire pour notre monde.

Ecrire. Se laisser pénétrer par les ondulations d’une pensée au cœur du monde comme les courbes de ces dunes du désert du Sahara, d’un désir de rencontre de l’Autre et de ses amis proches et si « différents ». C’est cela l’expérience « d’un cœur qui n’a cessé de s’ouvrir au cours de ces années passées près des Touareg » (p 185). Puisse cela, être pour nous-mêmes, une invitation « à se rendre au désert » afin d’y puiser ce que le monde attend : paix, justice et amitié… Merci à Sébastien de Courtois de nous avoir livré ce beau récit « d’aventures » au cœur de la foi en Celui qui nous appelle à devenir Fraternels !!!

 

Patrice Sabater

 

Passer par le désert, sur les traces de Charles de Foucauld, de Sébastien de Courtois. Éditions Bayard, 190 pages, 17,90 euros.

 

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