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De l’avenir des chrétiens d’Orient

10/11/2017

Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur de L’Œuvre d’Orient et vicaire général des orientaux en France s’est exprimé devant l’Assemblée plénière des évêques de Lourdes pour évoquer la situation des communautés catholiques orientales. Il était accompagné de Monseigneur Youssif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk et de Souleymanieh venu présenter la situation des chrétiens d’Irak. Interview.

Source site de la conférence des évêques de France

 

Quel est l’objet de votre intervention ?

Je suis invité par la Conférence épiscopale pour présenter l’Ordinariat des catholiques des Églises orientales résidant en France. C’est un quasi diocèse qui dépend de l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois. On compte trois éparchies orientales en France, celles des Arméniens, celles des Ukrainiens et celles des maronites. D’où la présence cette semaine à l’Assemblée plénière de Monseigneur Jean Teyrouz pour l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France ; Monseigneur Maroun Nasser Gemayel pour l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Monseigneur Borys Gudziak, pour l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France. L’Ordinariat rassemble les communautés orientales catholiques qui n’ont pas d’évêques en France : les Syriaques, les Chaldéens, les Coptes, les Grecs-melkites, les Roumains, Russes, Malabares, Éthiopiens et Érythréens…

 

Quelle est la fonction de l’ordinariat ?

Il s’agit d’aider ces communautés à trouver leur place dans la société française et dans l’Église de France. La Conférence épiscopale est nationale et regroupe plusieurs rituels. Les communautés doivent garder un lien avec leurs églises d’origines, leurs liturgies, traditions spirituelles et théologiques, et aussi avec les différents pays dont les fidèles sont issus. Nous voulons éviter de les latiniser. Ils doivent rester des orientaux d’Orient sur le plan du rite et en même temps ils ne doivent pas être enfermés dans des « réserves d’indiens » comme s’ils n’avaient pas trouvé leur place dans l’Église de France.

 

Le sujet des chrétiens d’Orient était présent au cœur de cette Assemblée plénière à plus d’un titre. Pouvez-vous nous dire les raisons de la visite de Monseigneur Youssif Thomas Mirkis ?

L’Église de France porte depuis décembre 2015 la campagne de soutien financier aux étudiants de Kirkouk. Mgr Mirkis venait à la fois exprimer sa gratitude vis-à-vis de l’épiscopat français et expliquer l’avancée du projet. Son diocèse avait recueilli dès août 2014 les étudiants chassés par Daesh. Ils étudiaient à Mossoul ou dans la Plaine de Ninive. Il fallait donner à ces étudiants la possibilité de poursuivre leurs études (frais de vie et scolarité) et l’Université de Kirkouk (arabophone) les a accueillis. Le diocèse de Kirkouk se situe actuellement dans les zones disputées entre les kurdes et les arabes. La situation est difficile. Un conflit violent a été évité ces dernières semaines.

 

Un mois après le referendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien qui l’a emporté avec le « oui » à 92%. Quelle est la situation actuelle ?

Cette affaire d’indépendance est terminée. La région va retrouver un équilibre pour permettre au Kurdistan une autonomie suffisante et satisfaisante en abandonnant – pour le moment – le rêve d’indépendance. Le conflit est généralisé. La communauté internationale a fait comprendre aux kurdes qu’ils doivent trouver le chemin de l’autonomie. Mais une déclaration d’indépendance dans ce climat actuel n’était pas appropriée…

 

Comment envisager l’avenir pour les chrétiens d’Orient et leur éventuel retour en Irak ?

Les évêques ont été très intéressés lorsque Mgr Mirkis a abordé la question de l’avenir de la région notamment parce que les chrétiens ont encore un rôle à y jouer ; même si la situation reste très difficile pour eux. Le Moyen-Orient est toujours traversé par de multiples tensions. Dans ce contexte, il est difficile pour les chrétiens de se projeter dans l’avenir. Quelle sera leurs relations avec les musulmans ? Que va devenir leur pays ?

 

Quelles actions Monseigneur Mirkis pourra-t-il mettre en place ?

Mossoul a été libérée de Daech. Autour de la ville se trouve une vie chrétienne dans la Plaine de Ninive avec les villages chrétiens de Qaraqosh, Karamless et Bartella. Maintenant que ces zones sont libérées se pose la question de savoir comment les étudiants qui le souhaitent pourront rejoindre leur université d’origine, celle de Mossoul sachant qu’ils ne peuvent pas vivre sur place. Il faut mettre en place des transports qui leur permettent d’étudier à Mossoul et de rentrer le soir dans leurs villages chrétiens. Je ne sais pas encore combien d’étudiants vont rester à Kirkouk et combien vont rejoindre Mossoul. Le plan budgétaire reste donc à préciser.

 

Comment les évêques de l’Assemblée plénière ont-ils reçu l’intervention de Mgr Mirkis ?

L’intervention a été bien reçue. D’ailleurs des évêques français vont également régulièrement en Irak. Nous sommes allés cet été à Mossoul peu de temps après la libération de la ville avec le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon ; Mgr Michel Dubost, évêque émérite d’Evry-Corbeil-Essonnes et Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes. Il y a régulièrement des évêques français qui se rendent aussi au Liban et en Syrie.

 

Quels regards portez-vous sur les communautés chrétiennes orientales ?

Nous devons regarder ces chrétiens du Moyen-Orient avec respect et amitiés. Nous sommes attentifs à ceux qui veulent quitter leur pays pour rejoindre la France. Beaucoup de Français sont solidaires et prêts à accueillir les chrétiens du Moyen-Orient. Mais il faut également soutenir ceux qui restent car leur présence est importante pour l’avenir de leur pays et pour la paix en Irak. Car les chrétiens sont des artisans de paix et de médiation. L’image des chrétiens d’Orient ne doit pas se résumer à une migration douloureuse de réfugiés politiques.

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