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« Le Foyer de la Vierge Marie, école et havre d’amour » le beau témoignage d’Agathe, volontaire au Caire

20/04/2018

Agathe était en mission avec au Caire l'été dernier. Elle nous parle du foyer d'Héliopolis où elle a passé un mois, auprès de personnes âgées.

Au Caire, la congrégation des filles de Notre-Dame des Douleurs (Saint-Frai) accueille depuis soixante ans des personnes âgées au sein de son « Foyer de la Vierge Marie ».

Aujourd’hui, cinq religieuses veillent au bien-être de 95 résidents. La grande majorité est orthodoxe, quelques-uns sont catholiques, tous sont coptes. La communauté emploie des jeunes-filles et quelques jeunes-hommes venus de la Haute-Egypte comme auxiliaires de vie. Ces derniers sont issus des communautés chrétiennes du sud du pays. Au vu des événements récents, les allers-retours pour visiter leurs familles et leurs villages sont rares.

 

Au Foyer, ces jeunes âgés de 16 à 25 ans apprennent un métier tout en recevant un salaire qui leur permettra, entre autres, de constituer leur « trousseau » de mariage.

 

En effet, la société égyptienne est encore très traditionnelle, qui plus est dans les campagnes. La question du trousseau pour les jeunes-filles est donc à prendre très au sérieux. Outre cet apport matériel, ces jeunes gens reçoivent une formation humaine. Nombre d’entre eux ne savent quasiment pas lire et écrire en arrivant au Foyer de la Vierge Marie. Les sœurs veillent alors à ce que chacun puisse acquérir les savoirs de base. Si le corps et l’esprit sont nourris, l’âme l’est aussi. En effet, les jeunes-filles et les jeunes-hommes participent à des formations spirituelles. Des personnes extérieures au Foyer viennent prodiguer un enseignement varié. Les jeunes entendront parler du plan de Dieu pour l’Homme. La vie affective et sexuelle sera donc abordée.

Les sœurs Saint-Frai opèrent ainsi une double œuvre missionnaire.

Leurs jeunes auxiliaires de vie deviennent, pour un temps, leurs enfants et vont grandir à l’école de l’amour. Celui reçu par les sœurs, et celui qu’ils devront donner aux personnes âgées dont ils ont la charge. Cette école est très exigeante mais plus que jamais nécessaire pour former des acteurs solides dans une société heurtée par l’extrémisme.

Sœur Marie

Les familles des résidents sont heureuses de confier leurs proches aux sœurs.

Ces parents âgés vont alors vivre en société avec des personnes qu’ils n’ont parfois jamais côtoyées dans leur vie car grande est la disparité des milieux sociaux. D’aucuns éprouvent aussi quelques difficultés à se laisser soigner par des jeunes issus de la lointaine campagne. L’apprivoisement est réciproque. Sans évoquer les divergences que suscitent les différentes pratiques religieuses. C’est pour cela que le Foyer de la Vierge Marie est une grande école de charité. Les sœurs puisent alors à la Source de l’Amour en nourrissant leurs journées des offices, de la Messe et de l’Adoration. Le temps s’arrête pour honorer Dieu. Pour autant, le leur semble décuplé. Mystère de la grâce.

Les bénévoles cairotes sont très nombreux, on peut voir le Foyer se transformer en véritable festival de musique avec concert, tirage au sort où tous les tickets sont gratuits et gagnants, goûter, cours de danse. Les idées ne manquent pas et feraient pâlir d’envie nos maisons de retraites en Occident. Toutefois, la solitude est grande pour certains. Quelques-uns n’ont pas de famille, ou bien celle-ci a émigré dans un pays où la foi peut être vécue sereinement.

 

Un concert au centre

 

« Il y a la faim du pain matériel, mais il y a aussi la faim d’amour, de bonté, d’attention mutuelle, et c’est cela la grande pauvreté de notre époque » nous dit Mère Teresa.

Malgré toute la bonne volonté des sœurs, auxiliaires et bénévoles cairotes, les 95 « pensionnaires » ne peuvent tous recevoir l’attention dont ils auraient besoin. Pour ces derniers, les journées sont longues et semblent vouées à attendre que le jour décline pour se rapprocher du grand soir ; celui de la rencontre tant espérée au plus profond du cœur humain. La soif d’être aimé ne tarit pas et se creuse au long des jours. Il suffira alors d’une marque d’attention, d’un salut amical pour remplir ces réservoirs qui semblaient vides.

Bien conscientes de cela, les sœurs aiment à recevoir des volontaires dont l’unique mission sera d’être une présence. Être et non faire. Cela semble si simple et pourtant tellement en contradiction avec l’affairisme pathologique de notre époque. Il faudra alors beaucoup d’humilité aux jeunes et moins jeunes volontaires chargés de cette mission. Et accepter de prendre le temps de la rencontre, en mesurer l’intensité malgré la simplicité de l’instant. Admettre qu’une simple présence fidèle auprès de Claude qui pourtant ne connait pas mon prénom et ne cherchera jamais à le connaitre a une valeur d’éternité. Parce que Claude au fil des jours aura oublié ses larmes et retrouvé son sourire ; parce que Claude dans un moment de lucidité m’aura dit « Comment on fait pour être heureux ? Vous savez vous ? » ; Parce que j’aurai pu répondre à Claude, et réaliser alors, que seul Dieu comble, qu’Il l’aime infiniment et qu’elle a du prix à ses yeux. Celui de son Fils unique.

 

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