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Sabrina volontaire à l’hôpital du Sacré Cœur à Hazmiyeh au Liban

13/07/2018

Sabrina, 26 ans, est infirmière depuis 2014. Après 3 ans d’exercice, elle a décidé de donner 6 mois à une mission pour les chrétiens d’Orient. Elle a passé les trois premiers mois à la maternité de La sainte Famille en Terre Sainte et travaille depuis avril à l’Hôpital d’Hazmiyeh de Beyrouth au service des Urgences.

imad et moi

imad et moi

L’hôpital du Sacré Cœur se trouve à Hazmiyeh, une banlieue plutôt chic de Beyrouth. Il comporte 175 lits et possède un équipement de pointe pour soigner au mieux les malades qui s’y présentent, quelles que soient leur origines, ethnies ou religions. Il est tenu par les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul.

La communauté de Hazmiyeh accueille quatre sœurs en ce moment. La douce Sr Ann est la mère supérieure et la gérante de l’hôpital ; l’adorable Sr Nicole s’occupe de la cuisine et nous confectionne de bons petits plats (cela est rare dans un hôpital !) ; la paisible Sr Najah s’occupe de tout ce qui est embellissement. Elle gère aussi les espaces communs de la communauté et du foyer ; pour finir la dynamique Sr Lamia s’occupe de l’évaluation de la qualité des soins et s’assure du maintien des bonnes pratiques parmi les soignants. Elles ont chacune leurs tâches en plus du temps qu’elles consacrent à visiter les malades de l’hôpital afin de leur apporter une épaule, une oreille et un soutien spirituel.

C’est donc dans cet environnement que je suis arrivée au Liban le 14 mai 2018 après avoir quitté Israël dû à un problème de visa. J’ai passé le poste frontière sans encombre, cette fois-ci et j’ai même eu le droit à mon premier « Ahla wa salaha » (soyez la bienvenue en arabe) par les douaniers. Celui-ci a été vite suivi par ceux de Sr Ann et de Pauline, une jeune française qui est en stage au sein de l’hôpital dans le service de comptabilité.

Ces « Ahla wa salaha » furent les premiers d’une longue suite. Ici, on peut dire « bienvenue » comme on dit « de rien » en France. Cela démontre bien leur sens de l’accueil. Il est vrai que les libanais ont ce sens affuté. Ils se réjouissent de nous voir, nous autres jeunes volontaires français. Ils se font d’ailleurs une joie de nous orienter dans la rue avant même que l’on en exprime le besoin. Ils nous proposent aussi des sorties (même si celles-ci se ne réalisent pas toujours). Ils sont d’une bienveillance peu habituelle pour une jeune française.

Les semaines filent à une vitesse impressionnante. Je travaille du lundi au vendredi de 8h à 16h dans le service des urgences. Je noue petit à petit des liens avec les autres infirmières, aides-soignants et médecins qui sont tous adorables.

La majorité du personnel de l’hôpital parle français ou au moins anglais (de plus de l’arabe, évidemment). Ils travaillent (à quelques exceptions près) de la même façon qu’en France. La différence majoritaire réside dans le système de santé libanais, qui « est très peu performant » selon les libanais eux-mêmes. Les patients doivent donc souscrire à une assurance individuelle s’ils ne veulent pas se retrouver à payer une note exorbitante. Cela provoque quelques désagréments dans les soins, nous devons notamment contacter l’assurance de chaque malade lorsqu’ils se présentent aux urgences afin de valider chaque soin et bilan sanguin que nous projetons de leur faire afin de savoir si cela va être couvert par l’assurance. Je vous laisse imaginer le travail monstre que cela nécessite !

De plus, tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir une bonne assurance santé, de ce fait l’hôpital n’est plein qu’à 50%. Dans mon service, les urgences, les lits sont rarement pleins aussi…

Après le travail, Sr Lamia nous donne à Pauline et moi des cours d’arabe deux fois par semaine. Nous nous familiarisons donc tout doucement avec notre langue d’accueil. La messe, ainsi que les laudes et les vêpres sont célébrés tous les jours en français avec un rite catholique latin. Excepté le dimanche et lors des jours de fêtes où les messes sont célébrées selon le rite maronite en arabe. (Ici les prêtres peuvent passer d’un rite à l’autre sans aucune difficulté, c’est assez drôle à voir d’ailleurs). De plus, la chapelle est toujours ouverte pour ceux qui veulent y prier.

Nous prenons nos repas avec les sœurs, c’est un temps d’échange joyeux où nous pouvons nous enquérir de la journée de chacune. Souvent les Sœurs nous demandent si nous ne voulons pas rester ici avec elles toutes un peu plus longtemps, voire à vie ! Sr Nicole est même déjà triste à l’idée que nous partions dans un mois et demi, elle, qui a connu la communauté très animée au moment où il y avait vingt-deux sœurs et non pas quatre, comme aujourd’hui.

Parfois, nous faisons aussi des activités avec les sœurs : des randonnées, des visites de lieux saints, … Nous accompagnons aussi les Sœurs dans leur projet d’aider les personnes âgées isolés et nécessiteuses. Pauline et moi avons donc rejoint Sr Lamia et Sr Najah afin de faire quelques courses pour eux et chaque semaine nous rendons visite à trois ou quatre personnes dans le besoin afin de leur apporter un carton plein de denrées alimentaires, ainsi qu’une écoute et du soutien autour d’un café, ou un verre d’eau au sirop d’eau de rose et de biscuits, Liban oblige. Et gare à celle qui n’en prend pas !

Le week-end nous rejoignons d’autres volontaires, qui sont majoritairement de l’Œuvre d’Orient afin de visiter le pays. Pendant ces deux jours nous apprenons à nous connaitre, nous parlons de nos missions respectives, de nos projets, de ce qui nous à pousser à venir ici au Liban. Nous échangeons au sujet des lieux à voir, ainsi que notre quotidien ici en tant que volontaire. Cela nous ressource pour la semaine !

Sabrina

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