La situation des chrétiens en Irak
Le 6 août 2014, la plaine de Ninive, berceau chrétien du nord de l’Irak, fut envahie par l’État islamique, forçant plus de 125 000 chrétiens à fuir. Ces familles déracinées ont tout perdu : leurs maisons, leurs métiers, leurs économies mais surtout leur dignité. Les minorités chrétiennes, kurdes, turkmènes et yézidies, déjà fragilisées par des décennies de conflits et de persécutions, ont subi un coup dévastateur avec l’arrivée de Daech : massacres, esclavage, destructions et exils forcés ont marqué leur histoire.
La communauté chrétienne irakienne, une des plus anciennes du Moyen-Orient, a vu sa population s’effondrer
de plus de 90 %, passant de 1,5 million en 2003 à moins de 150 000 en 2024. Aujourd’hui, après la guerre américaine et
la terreur de l’État islamique, les chrétiens d’Irak luttent pour maintenir vivante la flamme vacillante de l’espérance. Le
retour des familles chrétiennes demeure l’enjeux majeur. Au manque de moyens financiers s’ajoute la difficulté,
particulièrement pour les jeunes, de trouver un emploi et de se projeter durablement dans l’avenir.
À Mossoul, ville où les chrétiens vivaient depuis des siècles, la reconstruction est visible mais inachevée. Le retour
durable des familles dépend notamment de la réouverture d’écoles accueillantes et exigeantes, de l’accès aux soins et
d’une vie communautaire retrouvée. À Bagdad, Kirkouk, Souleimaniyé et dans la plaine de Ninive, les Églises restent
des lieux essentiels d’éducation, de solidarité et d’espérance, au service de tous les Irakiens, quelle que soit leur religion.
LES ACTIONS SUR LE TERRAIN
En 2025, l’Irak représente 7 % des fonds enL’OEuvre d’Orient a engagé 1,6 million d’euros pour soutenir les communautés chrétiennes d’Irak. Depuis près de 170 ans, elle les accompagne pour leur permettre de vivre dignement et de préparer l’avenir. Après avoir aidé les familles déplacées par Daech, elle contribue aujourd’hui à la reconstruction du pays et au renouveau de la présence chrétienne.
Offrir aux enfants une éducation de qualité
L’éducation permet aux familles de rester en Irak et de construire leur avenir. L’OEuvre d’Orient soutient la scolarité des enfants et la
reconstruction des écoles. À Bagdad, l’école des Carmélites Saint- Joseph accueille 339 élèves de toutes confessions. À Mossoul,
une école chrétienne ouverte à tous est reconstruite avec les Soeurs chaldéennes du Sacré-Coeur de Jésus.
Soigner les plus vulnérables
L’Œuvre d’Orient soutient les structures de santé par le financement de leur fonctionnement, l’achat de médicaments et la construction de dispensaires et de maisons de retraite. À Kirkouk, la Clinique de la Charité du Sacré-Coeur soigne gratuitement près de 200 patients par mois grâce à 105 médecins bénévoles. L’Œuvre d’Orient soutient également les Maisons de la Miséricorde, qui accompagnent les personnes en situation de handicap.
Reconstruire et faire vivre les communautés
À Mossoul, la reconstruction des églises de Mar Toma et Al Tahira par L’Œuvre d’Orient symbolise l’espérance et le renouveau de la
ville et de sa communauté chrétienne. Au-delà des bâtiments, il s’agit de faire revivre un patrimoine spirituel et culturel et de
permettre aux chrétiens de retrouver leur place dans la cité. Près de Kirkouk, à Sekanian, l’Église anime un lieu de vie ouvert à
tous, autour de l’école et de la paroisse. À Erbil, le centre Nishtiman héberge encore 85 familles déplacées, auxquelles
L’Œuvre d’Orient apporte une aide alimentaire. Un don de 192 € soutient une famille pendant six mois.