La situation des chrétiens du Liban
Depuis le 2 mars 2026, le Liban est entraîné dans le conflit qui embrase la région du Moyen-Orient. La situation sécuritaire se dégrade constamment, notamment dans le Sud-Liban et à Beyrouth. Depuis début mars : plus de 4 320 morts et 12 000 blessés.
Selon une estimation de l’ONU, 730 000 déplacés ont pu retourner dans leur village/quartier d’origine. Il subsiste encore 430 000 déplacés officiellement enregistrés. Parmi eux, 32 000 (dont 53% de femmes et de filles) sont accueillis dans 304 abris collectifs. Ces chiffres ne prennent pas en compte les déplacés internes logeant dans leurs familles ou louant des appartements.
Face à l’urgence, certaines populations font un choix courageux : rester. Plus de 15 000 libanais, non armés, refusent de quitter leurs villages du sud Liban, témoignant d’une résistance pacifique. Aujourd’hui, ces territoires font face à un risque existentiel. Les habitants du sud Liban n’ont plus accès à leurs terres en raison des combats.
Les écoles, qui accueillaient plus de 10 000 élèves de toutes confessions, sont aujourd’hui fermées. Elles n’accueillent pas leurs élèves, majoritairement tous déplacés. Quelques-unes ont été endommagées ou détruites. Deux écoles du sud Liban ont rouvert leurs portes, celles de Marjayoun et de Klayaat (en format hybride). Les autres écoles du sud prévoient de rouvrir en hybride à la rentrée à l’exception de l’école d’Alma Chaab et Tibnine.
LES ACTIONS SUR LE TERRAIN
L’Œuvre d’Orient achemine des convois humanitaires encoordination avec le nonce apostolique, les forces armées libanaises et françaises, la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) et d’autres partenaires comme Caritas Liban et la CNEWA pour livrer des médicaments et des produits de première nécessité. A ce jour, L’Œuvre d’Orient a réalisé 15 convois.
Ces convois soutiennent des villages isolés, qu’ils soient chrétiens ou mixtes (druzes-sunnites-chiites…), témoignant d’un engagement au service de tous. Malgré le cessez-le-feu, certains villages sont situés dans la zone tampon et encerclés par l’armée israélienne. Il est très difficile d’y accéder. Le 20 juillet, un convoi organisé par L’Œuvre a dû opérer un demi-tour et n’a jamais atteint les villages d’Ain Ebel, Debel et Rmeich. L’Œuvre d’Orient a ainsi envoyé en mars plus de 300 tonnes de produits de premières nécessités (kit d’hygiène, nourriture, eau, etc.) dans une dizaine de villages.
A Beyrouth et dans le reste du Liban, la solidarité s’est organisée mais la population ne peut agir seule. La population libanaise est
épuisée et démoralisée face à ce nouveau conflit, encore plus intense que celui d’octobre 2024. Dans ce contexte, l’OEuvre d’Orient et ses partenaires agissent et interviennent dans trois domaines prioritaires :
- L’aide aux déplacés internes (distribution de nourriture / frais de fonctionnement des centres, etc.),
- L’aide aux habitants restés dans les villages du Sud (distribution de nourriture / convois humanitaires),
- Le soutien aux hôpitaux et aux centres de santé.
Par ailleurs, les besoins à long terme sont déjà identifiés. Parmi eux, la question de l’éducation et le soutien aux écoles restent une
priorité absolue. La fermeture des établissements à cause du conflit entraîne inévitablement un retard éducatif, déjà trop souvent subi par les enfants libanais.
Pour ces écoles, mais également pour celles qui sont en mesure d’assurer des cours à distance, la question du financement se pose avec acuité. Les parents n’ont plus les moyens de payer les frais de scolarité de leurs enfants et considèrent souvent les cours en ligne comme des « faux » cours. Les écoles doivent pourtant continuer à payer les salaires de leurs professeurs. Sans revenus, elles seront contraintes de fermer.
Beyrouth, fourniture de produits de première nécessité, de kits d’hygiène et d’aide alimentaire au bénéfice de personnes déplacées, Juillet 2026.
L’école des sœurs santonines, à Nabatieh (Sud Liban), victime de plusieurs frappes israéliennes entre 2024 et 2026.
Le Centre médical Karagheusian, à Bourj Hammoud (banlieue de Beyrouth), propose des soins médicaux, psychosociaux et paramédicaux à la population locale et à de nombreux réfugiés syriens ou libanais déplacés.
Église grecque-melkite de Yaroun, détruite par des frappes. Premières interventions (échafaudages et bâches) afin de préserver ce qui peut encore l’être.