Décret de Vatican II sur les Églises catholiques orientales, Orientalium Ecclesiarum, 21 novembre 1964.
« L’Église catholique tient en grande estime les institutions, les rites liturgiques, les traditions ecclésiales et la discipline de vie chrétienne des Églises orientales. En effet, à cause de l’ancienneté vénérable dont ces Églises s’honorent, resplendit en elles la tradition qui vient des Apôtres par les Pères et qui fait partie du patrimoine indivis de toute l’Église et révélé par Dieu. Dans sa sollicitude pour les Églises orientales, qui sont des témoins vivants de cette tradition, le Concile œcuménique désire qu’elles soient florissantes et accomplissent avec une vigueur apostolique renouvelée la mission qui leur incombe. »
« La diversité dans l’Église, loin de nuire à son unité, la met en valeur. C’est en effet le dessein de l’Église catholique de sauvegarder dans leur intégrité les traditions de chaque Église particulière ou rite. »
Déclaration des patriarches orientaux pour la Fête de la Pentecôte, 20 mai 2018, 11e lettre pastorale.
Lettre aux évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, aux fidèles, aux concitoyens orientaux de toute confession et aux politiques orientaux et occidentaux.
« […] Nous savons qu’il est difficile d’adresser une parole à nos fidèles qui ont subi de multiples épreuves, ont pleuré la mort de leurs proches ou ont été dispersés par le monde. Face à tant de souffrances, la parole la plus éloquente est le silence. Silence aussi devant le mystère de Dieu, et de son amour pour toutes ses créatures, un mystère que nous n’arrivons pas à comprendre, avec tout le mal qui nous envahit.
[…] Nous voyons la terre pleine de misères. Nous voyons la cruauté des hommes, les uns à l’égard des autres, et à notre égard. […] Face à cela, nous regardons la bonté de Dieu, nous lui demandons la force et le pouvoir d’accueillir sa grâce. Nous lui demandons de nous accompagner à l’heure du martyre lorsqu’elle se présentera. Nous lui demandons de nous accompagner, si nous restons dans nos maisons, si nos églises sont détruites, et si nous sommes dispersés dans le monde.
Nous lui demandons la force de rester fermes dans notre foi, et dans notre confiance en sa bonté. Malgré la mort qui nous menace, nous croyons que Dieu ne cesse de nous envoyer dans nos pays ou dans le monde, portant en nous une parcelle de sa bonté divine, de sa force et de son amour pour le monde entier.
[…] En Orient, il restera toujours des chrétiens qui proclameront l’évangile de Jésus-Christ, témoins de sa Résurrection, même si nous ne resterons qu’un petit nombre. Nous resterons « sel, lumière et levain » (cf. Mt 5,13.14; 13,33), comme le Seigneur Jésus-Christ nous l’a dit. Nous restons porteurs d’un message, ici et sur les routes du monde. Ici, nous contribuons à la construction de nos sociétés, et sur les routes du monde, là où nous parvenons, nous portons l’évangile de Jésus-Christ. […] Soyez des croyants forts par votre amour, et des constructeurs de vos patries avec tous vos compatriotes, participant aux souffrances et aux sacrifices, pour y assurer la prospérité et la vie. Soyez le cœur dans vos pays, artisans de son histoire quelle que soit la cruauté des temps et des hommes. […]
Nous sommes une Église de martyrs. […] Nos martyrs nous disent de renouveler notre prière, afin qu’elle soit à la fois un culte rendu à Dieu et un amour du prochain, amour des plus proches, comme des plus éloignés, amour de toutes nos communautés et de toutes nos sociétés. Cela implique aussi un renouveau dans nos traditions, nos liturgies et nos dévotions, afin qu’elles deviennent une nourriture qui transforme notre vie quotidienne et nous aide à porter notre mission dans le monde.
[…] Nous avons besoin d’un Moyen-Orient nouveau, non fait par les autres, mais par nous-mêmes, et qui ne consiste pas à changer ou à déplacer les frontières ou les peuples, mais à renouveler les cœurs.
Dans ce projet, les chrétiens contribuent à la nouvelle création, un monde nouveau, dans lequel abondent le bien, la raison, l’amour et la collaboration, entre tous les citoyens et avec les pays du monde. […] La mission de nos Églises, et de tous nos fidèles […] consiste à rendre la vie à une génération de morts, de rendre la vue à ceux qui l’ont perdue et sont devenus incapables de voir l’amour de Dieu et des enfants de Dieu. […] Pour cela nous prions : « Seigneur, envoie ton Esprit et renouvelle la face de la terre » (cf. Ps 104,30), et change les cœurs des Hommes.