La guerre qui a ravagé le Tigré entre 2020 et 2022 a causé plusieurs centaines de milliers de morts et est en train de redémarrer dans un silence assourdissant. Après près de quatre ans de cessez-le-feu, les combats reprennent au Tigré et s’étendent jusqu’aux régions d’Amhara et d’Afar. Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) avait lancé une offensive sur l’aéroport de Mekele le 23 septembre dernier et affronté l’armée fédérale dans la région voisine de l’Afar. Alors que l’Éthiopie est déjà fragilisée par plusieurs conflits armés régionaux, les forces tigréennes ont annoncé rejoindre une alliance de sept groupes armés souhaitant renverser le Premier ministre Abiy Ahmed.
Dans cette situation dramatique, l’évêque catholique d’Adigrat, Mgr Tesfasellassie Medhin, décrit une « population isolée, coupée du monde » et lance un appel à « l’ouverture urgente de couloirs humanitaires et au dialogue ». Dans ce contexte, la présence de L’Œuvre d’Orient est alors essentielle. Par des visites et des échanges réguliers sur place, nos équipes réaffirment leur solidarité et leur appui constant aux Églises et aux populations éthiopiennes.
Face à cette urgence humanitaire critique et au dénuement total dans lequel se trouvent les populations civiles, un fonds de soutien a été créé spécifiquement pour l’Éthiopie.
« […] La paix de notre chère nation, l’Éthiopie, est une responsabilité qui nous incombe à tous. Nous prions de tout cœur, pour que tous les différends soient réglés par un dialogue sincère et que toutes les formes de conflits cessent. » Déclaration des membres de la Conférence des évêques d’Éthiopie, le 1er octobre 2026
Chronique du patrimoine
par Pierre de Cacqueray
La clinique Alitena, un havre de santé pour les plus démunis
Situé dans le Tigré, la clinique Alitena est gérée par la Congrégation des Filles de la Charité.
Grâce à votre soutien, la clinique accueille et soigne chaque année près de 20 000 patients provenant des villages alentour. Elle prend en charge intégralement les soins médicaux et propose notamment des vaccinations régulières et des soins spécifiques pour les nourrissons et les mamans. Elle fournit les repas pour les patients hospitalisés et pour ceux qui n’ont pas les moyens de se nourrir. Enfin, les frais de transport sont payés pour les femmes enceintes ou le personnel soignant lors des visites dans les zones reculées.
Au-delà des soins, l’établissement déploie des programmes éducatifs incluant la formation des enseignants et l’achat de matériel sanitaire de première nécessité et assure la mobilité de ses équipes à travers l’achat de véhicules, essentiels pour parcourir les pistes isolées.


Une formation intellectuelle et spirituelle pour les jeunes d’Adigrat
| Le diocèse d’Adigrat met en place un projet d’envergure mené en étroite collaboration avec les prêtres des différentes paroisses des zones rurales. L’objectif : Accueillir des jeunes orphelins et des étudiants issus de familles pauvres à l’Internat Tsinseta d’Adigrat. En étant inscrits dans cette école, ils reçoivent non seulement une formation intellectuelle de qualité, mais aussi un accompagnement spirituel et humain indispensable pour se reconstruire après le traumatisme de la guerre. La scolarité des étudiants est intégralement prise en charge. En effet, l’achat des fournitures, l’hébergement et l’alimentation ainsi que les soins médicaux de base et produits d’hygiène essentiels ou encore les frais de transport depuis les villages jusqu’à l’internat sont financés par le diocèse. |

