Beaucoup ont le sentiment d’avancer dans un temps de chaos, où les repères semblent vaciller et où
personne ne sait vraiment quand cette épreuve prendra fin. Dans les moments les plus incertains, les liens
d’amitié deviennent une véritable lumière. Mère Jocelyne Joumaah, École Épiscopale de Jabbouléh
Une situation inédite
Le Liban est plongé dans une crise politique, économique et sociale d’une gravité inédite : des bombardements massifs s’abattent sur le pays, mi-mars 2026, on comptait plus de 1 million de déplacés, 992 morts dont 100 enfants et 2 200 blessés.
Les habitants des villages chrétiens du Sud Liban refusent de partir, par crainte de ne pouvoir revenir dans leur village. À Alma el-Chaab, village chrétien du sud, les habitants ont pour l’instant refusé d’évacuer, alors qu’en 2024 seules quatre ou cinq personnes étaient restées sur place. À Beyrouth et dans d’autres régions du pays, les communautés chrétiennes se préparent déjà à accueillir les déplacés, comme elles l’avaient fait lors des crises précédentes.
Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. Mais face à l’ampleur des déplacements attendus, la solidarité locale risque de ne pas suffire. Des centaines de milliers de personnes fuient dans l’urgence, souvent sans pouvoir emporter le nécessaire.
LES PROJETS ET ENJEUX
Les congrégations religieuses, les Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. “Nos partenaires sur place sont déjà mobilisés pour accueillir les déplacés et soigner les blessés, mais les besoins vont rapidement dépasser leurs capacités », explique Vincent Gelot, directeur pays de L’OEuvre d’Orient au Liban. Accompagnée par le nonce apostolique du Liban, Son Excellence Paolo Borgia et la Finul, L’OEuvre d’Orient a pu fournir des produits alimentaires de première nécessité, riz, farine, produits laitiers, pates, shampoing, savons aux villageois du Sud Liban.
Les Filles de la Charité à l’hôpital du Sacré-Coeur à Hazmieh et à l’hôpital Geitaoui de Beyrouth au service des grands brûlés accueillent les blessés et les malades. L’association Libami, soutenue par L’OEuvre d’Orient, présente dans le quartier pauvre de Naaba, dans la capitale, accueille actuellement 250 familles.
Le camp de Dbayeh, où la la congrégation des Petites Soeurs de Nazareth vient en aide aux déplacés, distribue couvertures et oreillers pour prendre aux personnes démunies. Les écoles sont toujours fermées et s’organisent tant bien que mal pour assurer la poursuite de leur mission. Les besoins sont déjà importants et devraient s’intensifier dans les prochains jours, d’autant que le conflit risque de durer.
Les communautés religieuses ont besoin de soutien, dans un contexte déjà extrêmement fragile.
Aide aux déplacés, Beyrouth, juillet 2026